Live de Leshan

[En direct pour la rédaction, en différé de 5j pour la publication]

Une file d’attente annoncée d’une heure trente, voilà le tarif pour descendre les marches jouxtant le Grand Bouddha de Leshan. Idéal pour quelques songeries.

Que faisons-nous là? 1h30 vraiment? C’est comme ça la vie d’un bœuf, ou d’un mouton? Pourquoi ces occidentaux tirent-ils la tronche? Est-ce parce qu’ils sont Allemands? D’où tombent tous ces iPhones, Samsung et Sony? Quelle coupe de cheveux! Ne faudrait-il pas lui dire que c’est laid? C’est comment une soirée photos en Chine? Ils sont rouges ou bordeaux ses cheveux? Cool la moustache du moine tibétain.

Violette est la star. Emile a le second rôle. Caroline est figurante et je ne fais qu’une ou deux apparitions. Une heure est « déjà » passée. Ma voisine de file n’en a pas marre. Elle me colle, son appareil photo pointé sur Violette. Ma voisine est comme les dizaines de touristes chinois jouant aux bœufs ou aux moutons avec nous dans ce dédale d’aluminium, elle prend Violette en photo. Des fois elle vire sur Emile, de temps en temps sur Caroline; jamais sur moi. Suis-je jaloux? Peut-être un peu.

Arrive le moment de la descente des escaliers: 71m à dévaler avec un Bouddha aux grands pieds (8m50 de haut) sur la gauche. La descente est stressante. Cette file chinoise n’atteint certes pas le summum de la file indienne – allez acheter un billet de train en Inde et vous saurez ce dont je parle – mais ça colle bien tout de même. Je n’arrive pas a comprendre que l’on mange autant d’aïl.

Le géant Bouddha apparaît. Les mauvaises langues diront qu’il a un sourire narquois – peut-être est-ce le fait de voir autant de touristes défiler. Je trouve son sourire apaisant. Il nous permet de faire le vide et de se souvenir qu’il s’agit – voire s’agissait – d’un lieu de culte.

Nous sommes en bas. Je vous laisse car nous devons remonter.

Gruss
Benjamin

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